Le Sommet du Monde
Le Plateau des Étheres est le point le plus haut de Babylon — là où la Tour s'arrête et où le ciel commence. À 3 500 kilomètres au-dessus du Limon, le Plateau est un lieu que très peu de mortels ont jamais vu, et moins encore en sont revenus.
Ce n'est pas une montagne. Ce n'est pas une plaine. C'est un bord — le bord du monde, là où la pierre de Babylon s'arrête et où le vide commence. Le Plateau s'étend sur plusieurs dizaines de kilomètres de diamètre, une surface plate et lisse comme un miroir, faite d'une pierre blanche que personne n'a pu identifier. Pas de poussière, pas de fissure, pas d'usure. La pierre est éternelle.
Le Silence
Le Plateau est un lieu de silence absolu. Pas de vent. Pas de bruit. Pas de voix. L'air y est si pur qu'il en devient insupportable — les mortels qui s'y aventurent décrivent une sensation de surdité, comme si leurs oreilles avaient oublié à quoi ressemble le son. Même le battement de leur propre cœur leur semble étranger.
Les Étheres ne parlent pas. Ils ne communiquent pas par des mots, ni par des gestes, ni par des regards — car ils n'ont pas de visage. Ils communiquent par présence. Quand un Éthere est là, les mortels le sentent — un froid qui ne vient pas de l'air, une beauté qui ne vient pas de la lumière, une peur qui ne vient pas du danger. C'est la présence d'un être qui n'est pas fait pour eux — un être qui les dépasse de si loin qu'il les rend insignifiants.
Les Deux Soleils
C'est sur le Plateau que les Étheres ont créé les deux soleils de Babylon. Deux sphères de lumière pure, suspendues dans le ciel, qui tournent autour de la Tour comme deux yeux qui veillent. L'un brille encore — c'est le Soleil que les mortels connaissent. L'autre a été éteint par les Cyclopes, il y a des siècles — il est devenu la Lune, pâle et silencieuse, souvenir d'une guerre oubliée entre les dieux.
Le Soleil éclaire le Plateau d'une lumière aveuglante — pas chaleureuse, pas dorée, juste pure. Une lumière blanche qui ne projette pas d'ombre, qui ne change pas avec le temps, qui ne faiblit jamais. Les Étheres baignent dans cette lumière comme dans un bain — ils n'ont pas besoin de chaleur, pas besoin de confort. Ils ont juste besoin d'être.
Les Étheres — Gardiens du Sommet
Les Étheres sont les enfants d'Ouranos, les divinités du Plateau. Ils sont beaux — d'une beauté glaciale et troublante. Leur corps est celui d'un mortel parfait : grand, élancé, symétrique. Mais leur visage est lisse — pas de traits, pas de bouche, pas de nez, pas d'yeux. Juste une surface unie, comme un masque de pierre vivante.
Leurs ailes sont immenses — des ailes sombres, noires comme la nuit, qui s'étendent sur plusieurs mètres. Elles ne battent pas pour voler — elles planent dans l'air du Plateau, portées par des courants que seuls les Étheres sentent.
Les Étheres ne quittent jamais le Plateau. Ils sont les gardiens du sommet — ils veillent sur Babylon depuis le haut, observent les mortels d'en haut, et n'interviennent jamais. Sauf quand ils le décident. Car les Étheres sont des dieux — et les dieux ne rendent de comptes à personne.
Note de MJ : Rencontrer un Éthere est un événement majeur dans une campagne. Les Étheres n'ignorent pas les mortels qui osent s'approcher de leur domaine — mais ils ne les traitent pas non plus comme des égaux. Un Éthere qui apparaît devant les joueurs est une épreuve, pas un combat. On ne tue pas un dieu. On lui survit.
L'Accès
Le Plateau n'est pas accessible par la physique. Pas d'escalier, pas de route, pas de sentier. La seule façon d'y arriver est de voler — et pas avec un engin artificiel. Les zeppelins ne montent pas si haut. Les montgolfières s'effondrent sous la pression de l'air. Les créatures volantes refusent de monter au-delà d'un certain point — comme si quelque chose les repoussait.
Seuls les Étheres peuvent atteindre le Plateau. Et parfois, ils descendent — pour observer, pour punir, pour rappeler aux mortels que les dieux veillent. Quand un Éthere traverse le ciel de Babylon, les mortels s'arrêtent, le souffle coupé, incapables de détourner le regard. C'est la beauté glaciale des dieux — une beauté qui fait mal, qui brûle, qui tue.
Les mortels disent que le Plateau est le paradis de Babylon — le lieu où les dieux vivent dans le silence et la lumière. Les Étheres eux-mêmes ne savent pas ce que c'est. Ils ne connaissent que le silence, la lumière, et l'attente. Ils attendent quelque chose. Personne ne sait quoi.