Les Deux Divinités
Au commencement du commencement, il n'y avait que deux entités primordiales, aussi anciennes que le vide lui-même : Gaia, la Terre, et Ouranos, l'Air. Ni l'un ni l'autre n'avait de forme, de visage, de voix. Ils étaient des forces pures, des volontés absentes, des présences qui pesaient sur le néant comme des montagnes invisibles.
- Gaia était la stabilité, la solidité, le poids. Sa présence était lourde, oppressante, comme un roc qui s'enfonce dans la chair. Elle représentait tout ce qui est fixe, inébranlable, éternel.
- Ouranos était le mouvement, l'imprévisibilité, le chaos. Son souffle était capricieux, tantôt tendre, tantôt destructeur. Il représentait tout ce qui est insaisissable, fugace, libre.
La Guerre Primordiale
Au fil des ères, les deux divinités commencèrent à s'affronter dans une guerre titanesque, bien avant que le monde n'ait de nom. Ce ne fut pas une guerre de lames ou de flammes, mais une guerre d'existence pure. Chaque divinité cherchait à annihiler l'autre, à absorber son essence, à la réduire au néant.
Gaia s'étendait, se gonflait, tentait d'engloutir tout l'espace. Ouranos soufflait avec une fureur déchaînée, érodait les masses, creusait, fragmentait, dispersait. Les secousses résonnaient dans le vide comme des battements de cœur monstrueux. Des continents entiers naissaient et se brisaient en un instant. Des montagnes surgissaient du néant, pour être atomisées par des tornades qui auraient pu déchirer la réalité.
Ce fut un chaos absolut, un combat qui dura des éternités. Ni l'un ni l'autre ne pouvait l'emporter. Gaia était trop solide pour être dispersée, Ouranos trop mobile pour être contenu.
La Naissance de Babylon
Puis vint le dernier grand assaut. Gaia, dans un ultime effort de rage et de désespoir, tendit son bras vers les cieux, tentant d'atteindre Ouranos pour l'écraser une fois pour toutes. Mais Ouranos ne recula pas. Sa main massive se posa sur la paume de Gaia, l'arrêtant net.
Le bras de Gaia, figé dans cette étreinte terrible, se raidit et haussa vers le firmament. Il s'étira, se haussa, et forma cette tour colossale qui s'élève entre la terre et le ciel. C'est Babylon — le bras de Gaia, tendu vers Ouranos, devenu pont entre deux dieux.
La pression fut si colossale que la matière se compacta, se cristallisa, et c'est ainsi que naquit Babylon, cette immense colonne de roche et de vie, le pont entre deux dieux.
Le Plateau
Au sommet de Babylon se trouve le Plateau, point de contact entre les deux divinités. C'est là que leur conflit est le plus intense, le plus violent. Le sol y tremble sans cesse, les vents y rageaient comme des bêtes fauves, et la lumière y vacille entre l'obscurité et l'éclat.
Le Premier Souffle de Vie
C'est sur ce Plateau instable, au cœur de cette tension entre deux dieux, que les Étheres choisirent de s'installer. Ils virent dans cette zone de contact une opportunité unique : là où Gaia et Ouranos se neutralisaient, il y avait un équilibre précaire, propice à la création.
Chaque tremblement de terre, chaque tempête, chaque souffle de vent n'est que l'écho lointain du combat éternel entre Gaia et Ouranos.