Les 8 Oracles sont les gardiens des 7 Marches et du monde onirique. Leur existence est un mystère pour la plupart des habitants de Babylon. Nul ne devient Oracle — on naît Oracle. Quand un Oracle meurt, un autre naît quelque part dans la tour, porté par la Volonté de la Terre elle-même. Le lien est indéfectible, gravé dans la chair et dans l'âme. Personne ne choisit son don. Personne ne fuit sa destinée.

Leur Destin — Protecteurs de Babylon

Depuis la nuit des temps, les Oracles sont les plus grands protecteurs de Babylon. Leur raison d'être est gravée dans leur chair même : contrer les projets destructeurs des Cyclopes. Chaque Oracle naît avec cette mission, même s'il ne la comprend pas toujours. C'est un instinct, une faim, une rage silencieuse qui les pousse à agir quand le danger approche.

De tout temps, les Oracles ont traqué les machinations des Cyclopes dans l'ombre. Ils ont déjoué des complot, brisé des rituels, arraché des victimes aux griffes du Culte de l'Œil Unique. Ils ont semé la confusion dans les rangs ennemis, perturbé des plans millénaires, et arraché des fragments de vérité aux entrailles de la pierre. Mais jamais — jamais — ils n'ont réussi à arrêter la marée.

L'Afflux des Extérieurs

Depuis quelque temps, un frisson parcourt les Oracles. Un afflux massif d'Extérieurs a déferlé sur les Marches, comme une vague noire venue d'aucun lieu connu. Les Oracles sentent ce que les mortels ne voient pas : derrière cette migration, derrière ces visages lisses et ces yeux aveugles, se cache le souffle des Cyclopes. Les anciens maîtres se réveillent.

Zorg, le premier Extérieur libéré, le sent plus fort que quiconque. Il porte en lui un lien maudit avec ses anciens maîtres — un lien qui dépasse la compréhension, plus fort que la haine, plus fort que l'amour. Ce lien est une chaîne invisible qui le rattache aux Cyclopes, et il la hait d'une haine qui brûle depuis des siècles. C'est grâce à ce lien qu'il sait. C'est grâce à cette haine qu'il agit.

« Ils se réveillent. Je le sens dans chaque os de mon corps. Le lien me brûle — mais c'est cette brûlure qui me dit où frapper. » — Zorg, O'Oracle des Rêves

Le Plus Ancien — O'Oracle des Rêves

Au sommet de la hiérarchie, au-delà des Marches, se tient l'Oracle le plus ancien et le plus puissant de tous : O'Oracle des Rêves. Il est le premier né, celui dont le souffle a précédé tous les autres. On dit qu'il existait avant même que les dernières étoiles ne se fanent.

Son nom est Zorg. Un Extérieur. Aveugle depuis la naissance — ses yeux d'un blanc laiteux ne voient rien du monde physique, mais perçoivent chaque frisson du réel, chaque mensonge murmuré dans l'ombre, chaque secret enfoui sous la pierre. Son visage lisse, sans traits distinctifs, porte les marques d'un âge que nul mortel ne peut concevoir. Il ne voit pas les formes. Il voit les vérités.

Zorg ne chemine jamais seul. Sa coterie ne compte qu'un seul membre : Goar, un Homme-Loup. Mais Goar est plus loup que homme. Ses crocs dépassent de ses lèvres, sa fourrure sombre couvre ses épaules, et ses yeux jaunes ne reflètent que la faim et la loyauté. Goar est le protecteur silencieux de Zorg, sa bête et sa garde. Ensemble, ils errent entre les Marches, invisibles aux yeux des mortels, guidés par les murmures du Monde des Rêves.

Les Sept Oracles des Marches

L'Oracle du Rat — Marche du Rat

Omara, une Homme-Rat aux yeux perpétuellement brillants. Elle ne dort jamais — littéralement. Son don lui interdit le sommeil, mais lui révèle les connexions invisibles entre les êtres. Elle voit les fils qui relient un cœur à un autre, une promesse à une trahison, un assassin à sa victime. Marchande dans les bazars de la Marche du Rat, elle collectionne les secrets comme d'autres collectionnent les pièces d'or.

L'Oracle du Chat — Marche du Chat

Kishari, une Homme-Chat aux yeux fendus d'ambre. Son don est la projection onirique : il peut entrer dans les rêves des autres et y laisser des messages, des avertissements, des cauchemars. Les habitants de la Marche du Chat le craignent sans le connaître. On raconte que ceux qui dormaient mal après une nuit de pleine lune ont reçu un message de Kishari — mais nul ne sait si c'était un avertissement ou une malédiction.

L'Oracle du Loup — Marche du Loup

Eira. Une petite fille humaine. Ses yeux sont d'un violet profond, et ils voient au-delà du voile. Sa voyance est extraordinaire — elle perçoit les événements avant qu'ils ne se produisent, les morts avant qu'ils ne tombent, les betrayes avant qu'elles ne soient prononcées. Elle ne comprend pas toujours ce qu'elle voit. Les images affluent, se télescopent, se brisent. Les Hommes-Loups de la Marche du Loup la protègent comme un trésor fragile et terrible. Car Eira peut voir la fin du monde — et elle en tremble.

L'Oracle de l'Iguane — Marche de l'Iguane

Torien, un Homme-Cornus dont les cornes spiralées portent des gravures anciennes que personne ne sait lire. Son don est la mémoire de la pierre — il peut toucher un rocher, un mur, une arme et en lire toute l'histoire. Chaque bataille, chaque prière, chaque larme versée sur un objet est gravée dans sa substance, et Torien la déchiffre. Les clans de la Marche de l'Iguane le consultent pour trancher les litiges ancestraux, car Torien ne ment pas : il récite ce que la pierre elle-même a retenu.

L'Oracle de l'Aigle — Marche de l'Aigle

Valeria, une Humaine aux cheveux d'argent et au regard tranchant comme une lame. Son don est la lecture des âmes — elle perçoit la véritable nature de quiconque se tient en sa présence. Mensonges, intentions cachées, traîtrises sourdes : rien n'échappe à Valeria. Au Forum de la Marche de l'Aigle, elle est crainte des sénateurs et des généraux. Car Valeria voit au-delà des discours. Elle voit ce que les hommes cachent derrière leurs masques.

L'Oracle de la Brume — Marche de la Brume

Néphélie, une Homme-Brumeux dont le corps se dissipe parfois dans un brouillard léger, comme si elle n'était pas tout à fait réelle. Son don est la vision des mondes parallèles — elle perçoit les réalités alternatives, les chemins non empruntés, les destins brisés. Dans la Marche de la Brume, où la magie onirique règne en maître, Néphélie est considérée comme la plus proche de la Source. Ses paroles sont souvent énigmatiques, car elle parle de ce qui est, de ce qui pourrait être, et de ce qui ne sera jamais.

L'Oracle du Dragon — Marche du Dragon

Sekhara, une Femme-Dragon aux écailles d'un vert profond et aux yeux d'or. Son don est la channeling de la Primordiale — elle est le conduit direct entre l'Essence Primordiale et le monde physique. Quand Sekhara parle, les éléments tremblent. Quand elle prie, la terre s'ouvre. Les Hommes-Dragons de la Marche du Dragon la vénèrent comme un oracle vivant, car elle porte en elle le souffle même de Gaia.

Le Lien Indéfectible

Le lien entre les Oracles est invisible mais indestructible. Quand l'un d'eux meurt, quelque part dans Babylon, un enfant ouvre les yeux pour la première fois — et dans ses yeux brille le même don. Les Oracles ne se connaissent pas toujours entre eux. Ils ne se cherchent pas. Mais le destin les rapproche toujours, comme des aimants jetés dans le courant d'une rivière.

On dit que quand les huit Oracles se réunissent pour la première fois, la Primordiale elle-même tremble.

« On ne devient pas Oracle. On naît Oracle. Et quand tu meurs, un autre prend ta place. C'est la loi de la Terre. » — Zorg, O'Oracle des Rêves

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